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L’économie locale au Cameroun : booster la PME dans les collectivités décentralisées

16 Sep

L’économie locale au Cameroun : booster la PME dans les collectivités décentralisées

La croissance économique du Cameroun connait depuis 2020 de nombreuses perturbations à savoir la Covid 19, la crise Russo-Ukrainienne, en passant par l’instabilité observée dans le pays, ce qui a accentué l’inflation des prix sur le marché rendant ainsi la vie économique difficile. Avec la compétitivité mondiale, l’avancée économie et la mondialisation, le Cameroun a redéfini son plan d’action afin d’accroitre son taux de croissance économique.

Ainsi, la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), cadre de référence de la mise en œuvre de la seconde phase de la vision du Cameroun émergent à l’horizon 2035 met un accent particulier sur le mix import-substitution et promotion des exportations. Dans cette perspective, les Petites et Moyennes Entreprises (PME), constituent des acteurs majeurs de cette dynamique. D’après le rapport d’analyse du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie Sociale et de l’Artisanat du Cameroun, le tissu économique camerounais est composé à 99,8% de PME, dont 79,32 % sont de Très Petites Entreprises (TPE), 19,43 % de Petites Entreprises (PE), et 1,25 % de Moyennes Entreprises (ME). Suivant la répartition par secteur d’activité, ces acteurs de notre tissu productif se retrouvent à 84,2% dans le secteur tertiaire, 15,63% dans le secteur secondaire et seulement 0,17% dans le secteur primaire.

Cependant, ces mesures ne sont pas toujours accompagnées de l’accès nécessaire aux ressources ou des capacités juridiques pour mettre en œuvre de nouveaux mécanismes de financement. Les défis majeurs des PME dans ce contexte touchent au déficit de financement, car les banques commerciales refusent souvent de prêter en raison des risques élevés. Ils touchent également aux infrastructures défaillantes, avec ces coupures d’électricité récurrentes et les routes dégradées qui pénalisent leur productivité. Bien plus, la pression du secteur informel est la principale concurrence déloyale, car des entreprises non enregistrées limitent leur croissance légale. On peut enfin noter une faiblesse institutionnelle, avec la lourdeur administrative et l’instabilité des réglementations qui freinent les investissements à long terme.

D’ailleurs, tout le monde en est d’accord : il faut stimuler le développement des PME existantes. Alors, l’économie locale, c’est-à-dire la promotion des activités économiques et la gestion des ressources naturelles, repose sur les productions agricoles, pastorales, artisanales et piscicoles avec un intérêt pour la communauté. Elle a besoin d’être boostée dans l’optique de penser à la création d’une petite entreprise (PE) qui puisse grandir au fil du temps.

Cependant, il faut surtout savoir de quelles PME parle-t-on ? Le gouvernement semble actuellement mettre l’accent sur la constitution et la consolidation des petites entreprises voire des très petites. Il ne faut pas omettre que chaque entreprise, quelle que soit sa taille, a toujours commencé petite… Et ce ne sont pas obligatoirement les nouvelles nées ou les plus petites qui ont besoin de soutien dans leur développement. Ainsi, la question qui se pose, outre le fait de permettre la création des entreprises, est la capacité de les faire croître pour qu’elles fortifient davantage le tissu économique.

Dans un département comme le Haut-Nkam, par exemple, les PME participent à l’aménagement du territoire en maintenant une activité économique en dehors des grandes capitales. Les principales activités économiques du département du Haut-Nkam sont : l’agriculture, l’élevage, le commerce, l’artisanat, la coiffure, la couture, le transport, etc. ces activités font face à de nombreux défis dont : la faible productivité agricole, la mauvaise organisation des acteurs, l’insuffisance des infrastructures et des équipements, difficulté d’accès à l’emploi et la formation professionnelle, faible développement des activités touristiques, développement embryonnaire de l’artisanat, mauvaise qualité des routes, faible couverture téléphonique. La plupart des groupements du département disposent d’un Comité de développement qui a vocation à réfléchir et à mener des activités en faveur du groupement. Cependant, nonobstant les efforts mis en œuvre par les différents comités, d’autres stratégies doivent être pensés pour accroitre les PME en place.

Les mécanismes qui vont permettre de booster les PME du Haut-Nkam sont multiples. Tout d’abord, il est important pour toute entreprise de sensibiliser sur son produit, question de le valoriser et le présenter à la population. En communiquant abondamment sur le produit, on fait savoir au consommateur qu’on est et sera toujours disponible pour lui. On devrait varier de temps en temps avec différentes qualités, afin de susciter chez le consommateur la curiosité voire l’attachement au produit. En respectant les normes de productions régis par le gouvernement on se met à l’abri des interruptions qui créent souvent des désagréments à l’entreprise. En dehors du fait de représenter des parts de marché et une marque de dynamisme pour les entreprises, les échanges inter-entreprises et intersectoriels pourront favoriser une meilleure intégration de l’économie nationale, et un développement endogène. Une telle politique est de nature à améliorer la balance des échanges avec l’extérieur.

Alain Cyr Pangop

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