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COVID 19 ET PERSONNES IMPLIQUEES: JOURNEE DE SENSIBILISATION DE 30 LEADERS TRADITIONNELS DANS L’ARRONDISSEMENT DE NKONG-NI

12 Sep

COVID 19 ET PERSONNES IMPLIQUEES: JOURNEE DE SENSIBILISATION DE 30 LEADERS TRADITIONNELS DANS L’ARRONDISSEMENT DE NKONG-NI

Le jeudi 10 septembre 2O2O à 10H00 s’est tenue, à la MEJ (Maison des Enfants et des Jeunes) à Bafou dans l’arrondissement de Nkong-Ni – dans la région de l’Ouest-Cameroun – la journée de sensibilisation de 30 leaders traditionnels sur le COVID 19.

En fait, la MEJ est une association à caractère sociale et à but non lucratif qui fait dans la santé sexuelle et reproductive et la lutte contre les violences basées sur le genre.

Le panel était constitué comme suit :

Mme YMELE NOUAZI Berthe Florence épse YEMEFACK (Présidente de la MEJ)

Mme MONTHE T. Carline épse NKOUANOU (Représentant du district de santé de Dschang)

M. NGUEFACK Simon (Facilitateur)

M. FOLEFACK NGOUFACK Gaël (Logisticien)

M. DONGMEZA Loïc (Logisticien)

Avant de commencer la journée, la présidente de la MEJ, YMELE NOUAZI Berthe Florence a souhaité la bienvenue aux participants tout en leur déroulant le programme de la journée. Elle a d’entrée de jeu parlé des différentes activités que mène la MEJ depuis sa création jusqu’à aujourd’hui. Ensuite, elle a mis le cap sur la covid 19, objet de la rencontre. Enfin, elle a tenu à remercier les leaders traditionnels d’avoir répondu présent, d’avoir honoré l’invitation ; car sans eux à ses côtés, la MEJ ne pourra pas mener toute seule ce combat contre un ennemi invisible qui sème la peur et le trouble dans le monde et dans l’arrondissement de Nkong-Ni en particulier.

POINT SUR LA COVID 19

Cette communication a été confiée au chef de district de santé de Dschang qui était représenté par MONTHE T. Carline. Sa communication était déclinée sous plusieurs points, notamment la définition, l’état des lieux et indicateurs précoces, les modes de transmission, la prévention et les traitements. Il ressort de sa communication que la COVID 19 est une maladie infectieuse causée par le coronavirus qui était inconnu avant l’apparition de la flambée à Wuhan (Chine) en décembre 2019 et maintenant est devenue une pandémie et qui touche de nombreux pays dans le monde. Toutefois, le représentant du District de santé de Dschang a mis un point d’honneur sur les symptômes de cette pandémie, ses modes de transmission et surtout sur la prévention. En ce qui concerne les symptômes, il y a la fièvre, la toux sèche, la fatigue, les courbatures, les douleurs, la congestion nasale, les maux de tête, la conjonctivite, les maux de gorge, la diarrhée, la perte du goût ou de l’odorat, l’éruption cutanée ou une décoloration des doigts ou des orteils. En parlant de ces symptômes, elle précise qu’ils sont généralement bénins et apparaissent de manière progressive ; et que certaines personnes infectées ne présentent que des symptômes très discrets.

Concernant les modes de transmission, elle dit que le COVID 19 se transmet d’une personne à une autre par le biais des gouttelettes respiratoires expulsées par le nez ou par la bouche lorsqu’une personne infectée tousse, éternue ou parle. Ainsi, ces gouttelettes peuvent se retrouver sur des objets ou des surfaces (table, poignées de porte et marches d’escalier) et si l’on touche ces objets ou surfaces et se touche les yeux le nez ou la bouche, on sera infecté. La prévention est l’un des points sur lesquels elle a insisté. Ainsi, a-t-elle souligné, pour se protéger contre cette pandémie, il faut éviter de se toucher les yeux, le nez et la bouche. En cas de toux ou d’éternuement, se couvrir la bouche et le nez avec le pli du coude ou avec un mouchoir, puis se laver les mains. Si on a des symptômes (toux, maux de tête, légère fièvre), on doit rester chez soi jusqu’à la guérison et demander à quelqu’un de faire des courses pour soi. Toujours se laver les mains à l’eau et au savon ou utiliser une solution hydroalcoolique. Maintenir une distance d’au moins un mètre avec les autres personnes. Éviter les lieux très fréquentés. Si l’on doit sortir, on doit porter un masque pour éviter d’infecter d’autres personnes. En cas de fièvre, de toux et de dyspnée, on doit consulter un médecin.

Elle a d’ailleurs exhorté les leaders traditionnels à servir d’exemples dans leurs villages respectifs en observant les mesures barrières édictées par le gouvernement et l’OMS avant de sensibiliser leurs populations sur ces gestes barrières. Elle a terminé sa communication non sans accorder une mini-formation aux leaders sur la fabrication de la solution chlorée pour se laver les mains et désinfecter les objets et surfaces ; puis sur la fabrication de la solution hydroalcoolique.

GENRE ET COVID-19

L’aspect genre de la communication était réservé à la présidente de la MEJ. Elle a étalé sa communication sur quatre points, notamment les sexospécificités biologiques, les facteurs sociaux de genre, les risques associées et comment faire pour agir ? Pour les sexospécificités biologiques, elle dit a priori que les femmes et les hommes ont le même risque biologique à contracter la maladie à coronavirus. Cependant, elle déplore le fait que la mortalité et les formes graves de la maladie sont plus importantes chez les hommes que chez les femmes, au regard des chiffres. De ce fait, Mme YMELE NOUAZI Berthe a donné les raisons de ce taux élevé de mortalité chez les hommes en évoquant les maladies cardio-vasculaires, les maladies pulmonaires obstructives chroniques, l’hypertension artérielle et les facteurs de risques comme la consommation du tabac et d’alcool plus importantes chez les hommes.  

Parlant des facteurs sociaux, il ressort de sa communication que les femmes constituent 70% du personnel soignant et social mondial (sages-femmes, infirmières, agents communautaires) et de ce fait, sont plus exposées au virus. Ces femmes prennent majoritairement charge de la santé de leur famille (personnes âgées, enfants) sans pour autant avoir les moyens financiers ou participer aux prises de décisions sur la santé. Elle précise par la suite que les hommes consultent moins les médecins en cas de symptômes (détection tardive) ; ce qui entraîne d’énormes risques.

Comme risques associées, Mme YMELE NOUAZI Berthe parle de l’accroissement des violences basées sur le genre. Car, dit-elle, le confinement, le stress, l’appauvrissement des ressources financières accroissent les violences conjugales et exposent les femmes, les jeunes filles aux violences sexuelles tout en limitant leurs capacités d’être prises en charge. Il y a aussi la baisse des ressources et la malnutrition dans la mesure où la fermeture des écoles augmente la charge domestique des femmes. Car, le travail informel dans lequel les femmes exercent constitue la majorité de la main d’œuvre. Pour agir selon elle, il faut :

  • Informer en utilisant les réseaux communautaires,
  • Lutter contre les discriminations et les violences basées sur le genre,
  • Veiller à une continuité des soins de routine et de dépistage pour éviter les retards de diagnostic qui peuvent être dramatiques,
  • Renforcer la solidarité pour prendre en charge les plus vulnérables et les femmes,
  • Veiller à la participation des femmes et des personnes concernées à la table des décisions et prendre un temps pour analyser les conséquences des mesures sanitaires en termes de genre.

COMMUNICATION EN TEMPS DE CRISE

Cet autre point de l’ordre du jour était développé par Monsieur NGUEFACK Simon. En fait, dans son propos liminaire, il a souligné le fait qu’en temps de crise, il y a une désinformation totale. Chacun raconte tout sur la crise sans chercher à démontrer la véracité de son propos. Des fois, on rapporte ce qu’on a entendu des autres de manière naïve. Or, l’objectif de cette communication était de déconstruire les mythes et les rumeurs qui se sont tissés et qui continuent de se tisser autour de la COVID 19. Monsieur NGUEFACK Simon a d’ailleurs demandé aux leaders traditionnels d’être très vigilants et de ne pas prendre en compte ce que les gens vont leur raconter dans les communautés sue la question. Qu’on ne les trompe pas en leur disant que la COVID 19 c’est la maladie des autres ou encore que c’est déjà fini. Ils doivent toujours rassurer leurs populations sur l’existence réelle et effective de la pandémie dans nos communautés et les inviter à davantage observer les mesures barrières édictées par le gouvernement. Aussi a-t-il précisé que les leaders traditionnels doivent informer la population qu’il y a des personnes indiquées pour répondre à toutes leurs questions et leur donner des informations exactes sur la pandémie.   

REMISE DU MATÉRIEL DE PRÉVENTION ET DÉMONSTRATION

Cette partie était réservée aux logisticiens, FOLEFACK NGOUFACK Gaël et DONGMEZA Loïc. En fait, il était question de remettre le matériel de prévention aux leaders traditionnels. Ce matériel était constitué de 30 seaux de 70 litres de contenance sans robinet pour la réserve d’eau – compte tenu de que tous ces leaders avaient déjà des seaux à robinet, 30 cartons de savon et les masques. Cette opération s’est déroulée dans toute la sérénité et la discipline, car chaque leader avait droit à un carton de savon, un seau de 70 L et un masque. Tout s’est déroulé sous l’œil vigilant de la présidente.

Cette journée s’est clôturée avec une photo de famille alors qu’il était 14H30. Toutefois, les leaders traditionnels ont signifié toute leur gratitude à l’endroit de la MEJ pour l’initiative entreprise et ont témoigné leur soutien inconditionnel pour toujours accompagner cette association dans ses multiples activités communautaires qu’elle mène et mènera pour le bien de la population locale.

Gaël FOLEFACK NGOUFACK, Université de Dschang

Animateur communautaire – MEJ-Logisticien – COVID-19

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